SÉLECTION DU JURY

 

Helena Blomqvist

Née en 1975, nationalité suédoise, vit à Stockolm

 

www.helenablomqvist.com

 

 

 

Florentine

 

Florentine est une grande figure, un génie, une danseuse étoile, une libre penseuse et une artiste des arts du cirque mythique. Florentine est une très vieille dame qui a vécu sa vie au cours du XXème siècle.

 

Dans les photos qui semblent avoir été tirées d’un album-photo lui appartenant, on a un aperçu de ce qu’a été sa vie. Florentine regarde en arrière, son état mental et sa solitude permettent à des amis imaginaires de pénétrer dans l’histoire de son existence, riche et longue. Il n’est pas évident de discerner ce qui est réel de ce qui semble être hallucinations et personnages fantasmés. Qu’est-ce qu’un souvenir ? Qu’est-ce qu’une chose créée par l’imagination ? Qu’est-ce que la réalité ? Ces instants magiques se sont-ils forgés dans la tête de Florentine ?

 

Dans la série intitulée Florentine, les scènes se déroulent dans un quartier imaginaire. L’intérieur des maisons évoque des temps révolus. Des piles de vieux journaux, du papier peint qui se décolle, et des murs lézardés rendent compte du passé.

Il y a une atmosphère de mélancolie inhérente à Florentine. La palette de couleurs un peu passées rappelle la peinture scandinave de la fin du XIXème siècle, ce qui rehausse cette impression de mélancolie. Nous sommes guidés par un récit élastique à travers les souvenirs et les réminiscences de l’ancienne danseuse étoile. Le passé apparaît aussi vivace que le présent. Comment pouvons-nous être certains que nous assistons là aux souvenirs réels de Florentine ? Serait-il plus exact de décrire ce que nous avons sous les yeux comme une vérité complexe, comme si on le voyait à travers le filtre du temps et de l’imagination ?

 

Avec un sens infaillible des teintes et de la lumière, en même temps qu’un savoir-faire méticuleux, la scénographie est aussi essentielle que la tête d’affiche, Florentine Stein. La mélancolie resplendissante que l’on décèle dans les yeux de Florentine prend une tournure autre, à l’aune de notre histoire contemporaine. Les événements cataclysmiques sont soulignés par les gros titres des journaux jaunis empilés. Avec ces expériences communes à tous en toile de fond, l’histoire personnelle de Florentine est ramenée au premier plan. Nous voici confrontés avec des sujets plus personnels, et cependant des sujets existentiels, universels, tels que le vieillissement et la solitude.